Comme si souvent au cours de sa
vie, Bruegel peint une fois encore l'année de sa mort une
vue de paysage. Il montre une vallée avec des champs et
des prés fertiles, des personnages qui dansent joyeusement,
un village caché dans l'ombre d'un château fort sur
un pic rocheux. Le tableau suscite une impression d'harmonie et
de paix, troublée uniquement par le gibet au milieu. A
la différence de la mort par l'épée ou par
le feu, la mort sur le gibet était considérée
comme déshonorante. Pourtant, dans le coin gauche, un homme
agit suivant le dicton "chier sur le gibet" qui signifie
qu'on ne se soucie pas de la mort ni des autorités ; "Danser
sous le gibet" voulait dire ne pas voir le danger ou ne pas
le craindre.
La Pie sur le gibet (1568)
Huile sur bois de chêne 45,9 x 50,8 cm
Darmstadt, Hessisches Landesmuseum