A nouveau, Bruegel transpose l'épisode
biblique dans son époque et son pays : dans un village
enseveli sous la neige les soldats font irruption dans les maisons
et arrachent les enfants des bras de leurs mères (d'un
côté le calme hivernale et de l'autre le meurtre,
le massacre). Un groupe menaçant de cavaliers en cuirasse
grise observe la scène. Ils sont commandés par un
officier vêtu de noir. A l'instar du duc d'Albe, il porte
une longue barbe blanche. Arborant sur la poitrine l'emblème
des Habsbourg, l'aigle à deux têtes, un cavalier
se tient à l'écart des autres, entourés de
villageois qui implorent sa clémence. Philippe II
fait partie e la dynastie des Habsbourg. Sa demi-soeur, Marguerite
de Parme, était gouvernante des Pays-Bas, elle fut
destituée de ses pouvoirs par le duc d'Albe. On peut penser
que le peintre a voulu faire ici une distinction entre le cruel
capitaine et la gouvernante appartenant à la maison des
Habsbourg (voir détails).
Le massacre des innocents (1566)
Huile sur bois de chêne 108 x 156 cm
Vienne, Kunsthistorishes Museum Wien